Préservez toujours en vous une vie lumineuse !

12 mars 2021 - Écrit par Valérie Francillon

Préservez toujours en vous une vie lumineuse !

« Ne vous révoltez pas contre certaines privations que la destinée peut vous imposer. Au contraire, accueillez-les avec reconnaissance, car ce sont les meilleures conditions pour apprendre à alimenter en vous la vie intense de l’esprit. » (Omraam Mikhaël Aïvanhov – extrait de la pensée du 6/8/2011)

Lorsque j’ai accepté de travailler pour la diffusion de l’Enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov, j’ai quitté pendant 7 ans un superbe appartement que nous venions d’acquérir et je suis partie à plus de 900 km de chez moi pour le Sud de la France, à Fréjus, seule. Ma demeure était un mobil-home ancien, acquis quelques années avant et retapé à la « va-vite ». Agréable pendant des séjours d’été de 15 jours ou 3 semaines, je ne m’étais jamais imaginé y habiter toute l’année. Même si la région n’est pas la plus désagréable au niveau climatique, l’automne et l’hiver peuvent y être froids et humides. J’ai vécu là une expérience d’inconfort réel et de privations par rapport à mon mode de vie habituel. Et pourtant, ce furent mes plus belles années intérieures, j’étais remplie du travail que je faisais et de ce à quoi je me consacrais. J’ai fini par ne plus trop penser à cet inconfort, sauf s’il était vraiment gênant et quand il a parfois affecté ma santé ; chaque jour m’apportait des joies et des idées pour la fonction qui m’avait été confiée, et j’oubliais très vite ma situation matérielle. Le lieu où je demeurais était également exceptionnel dans une nature belle et tranquille, et remplaçait pour beaucoup le confort matériel que j’avais quitté. Je pouvais goûter les bienfaits de la nature, des levers de soleil, de moments de grâce.

C’est là que j’ai découvert cette autre vérité dont parle Omraam Mikhaël Aïvanhov : « Tâchez de déposer tous vos bagages encombrants, tous ces soucis pour des choses matérielles qui ne sont pas absolument nécessaires, afin de pouvoir aller toujours plus loin, toujours plus haut. » (extrait de la pensée du 19/5/2007)

J’ai été à cette époque traversée par un élan très fort de trouver en moi les meilleures idées pour aider à faire connaître cet Enseignement, et par une belle créativité également. Cela m’a beaucoup appris, et m’aide encore. Rien ne me détournait de cet enthousiasme, je n’ai vu que peu de choses de l’environnement extérieur où je vivais, je ne visitais pas la région, je n’allais pas à la rencontre de nouvelles personnes. Peut-être trouverez-vous cela excessif et moi-même je souris devant ce souvenir. Ceux avec qui j’ai travaillé pendant ces années vous diront également combien mon dynamisme les a étonnés, bousculés et parfois dépassés.

J’étais stimulée par ce que je faisais, chaque jour était une nouvelle page à écrire, et l’inconfort dans lequel je vivais, loin de me décourager, a préservé cette stimulation pendant longtemps, me maintenait active intérieurement, et plus spontanément tournée vers les hauteurs, la méditation, le monde de la nature et le monde invisible avec lequel je dialoguais.

Aujourd’hui, je vis dans une belle, grande et confortable maison, et je remercie chaque jour d’avoir ces conditions de vie. Ma maison est mon bureau d’entreprise, j’y ai des conditions idéales pour travailler. Pourtant, je sens aussi combien il est essentiel de rester attentive pour ne pas me laisser convaincre par l’attrait de ce confort qui invite à rester parfois inactif ou oisif. Notre nature humaine écoute très bien ce message !

« Je ne suis pas contre le progrès matériel qui rend la vie plus facile, plus confortable ; mais tel qu’il est vécu par la plupart des gens, le confort est dangereux, car il s’oppose à l’activité de l’esprit. Toute activité physique a des relations avec l’esprit, et donc cette forme de passivité, de paresse même, favorisée par le progrès technique, entrave les facultés de l’esprit. » (Omraam Mikhaël Aïvanhov – extrait de la pensée du 19/05/2007)

J’essaie toujours de ne pas associer mon bonheur à ce plaisir d’être dans le confort. Car très vite viendrait une petite crainte ou inquiétude de voir cette aisance se réduire ou disparaître. Ce sont de pénibles penchants qui s’installent et nous sclérosent. Nous sommes ainsi construits et sans cesse nous avons cet effort à faire pour garder une intensité intérieure. « Celui qui est tranquille, qui a sous la main tout ce dont il a besoin, est évidemment très content. Mais il se laisse aller, il devient paresseux et cette paresse entraîne en lui l’accumulation de matériaux inutiles qui se putréfient et que rien ne peut éliminer : il n’est plus irrigué par ce courant intense que seule l’activité de l’esprit est capable d’entretenir dans son organisme. » (Omraam Mikhaël Aïvanhov – extrait de la pensée du 6/8/2011)

Quand on parle de confort, on pense immédiatement au confort matériel car c’est le plus visible. Or, il existe d’autres conforts, qui aboutissent à la même conclusion, celle de nous ralentir, de nous priver d’un élan de vie. En effet, on prend tous des habitudes de vie et des modes de pensées récurrents auxquels on finit par se raccrocher pour justifier nos actions, nos comportements ; et ce quelles que soient nos conditions de confort. C’est la même situation qu’avec le confort matériel. On ne prend pas de risque, on reste dans notre « zone de confort », ce qu’on pense et ce qu’on a instauré dans nos vies est rassurant, cela nous convient, pourquoi en changer ?

Là encore, on doit rester vigilant à ce confort intérieur des plans affectif et mental, qui finira par réduire notre champ de vision de la vie, jusqu’au plan physique. Il est important de trouver la méthode pour toujours s’ouvrir à ce qui nous entoure, faire que la journée ne se passe pas forcément comme d’habitude. Même un tout petit changement suffit, ne serait-ce que dans le regard porté à ce qui nous entoure.
Cela demande un effort, et je sais en parler, car il peut arriver que l’on soit malade, faible, et découragé, mais quelque chose en nous doit toujours être prêt à s’éveiller pour que ce découragement ne devienne pas notre état de passivité permanent. C’est une fatigue au départ, mais un formidable stimulant par la suite !

Revenons au confort matériel. Le confort et surtout le progrès technique permettent aussi d’avoir du temps et des conditions pour se consacrer à ce qui nous est cher, et surtout à ce qui est utile, lumineux pour nous et ceux qui nous entourent. A nous de maîtriser la place de ce confort et d’en faire un allié et non un dirigeant de notre existence.

Et si notre confort nous libère du fameux temps dont nous avons toujours besoin, pourquoi ne pas passer ce temps disponible à développer ou entretenir une activité de l’esprit ? Ainsi le dit Omraam Mikhaël Aïvanhov : « Même s’ils devaient posséder un jour tout ce qu’on leur propose, et bien davantage encore, cela ne donnera jamais aux humains ce dont ils ont vraiment besoin. Que vous dit un Enseignement spirituel ? « Apprenez à vous élever par la prière et la méditation jusqu’aux régions de la lumière : vous recevrez là un élément subtil, imperceptible. Et c’est cet élément subtil, imperceptible qui vous apportera tout, parce qu’il vous donnera le goût des choses. » Dès que vous aurez reçu cet élément, vous sentirez qu’il produit en vous une vibration nouvelle et votre vie deviendra indescriptiblement belle et riche. Sans cet élément impondérable qui ne s’obtient que par une discipline spirituelle, même si vous accumulez tout ce qu’il est possible de posséder, vous serez toujours insatisfait et déçu. » (Pensée du 24/11/2011)

Cette activité spirituelle est multiple : manuelle ou créative, psychique ou mentale, ou jusqu’aux plus belles contemplations, nous avons un choix infini pour nous lier à notre moi intérieur et éveiller notre nature divine. Le plus important est de toujours donner un idéal lumineux à ce que l’on fait, pour que la vie circule toujours en nous et en dehors de nous. Que l’on habite une masure ou un château !

Souvent, je me remémore cette période de ma vie où j’ai vécu dans l’inconfort et certaines privations, et où j’ai réussi à remplacer tout cela par une vie intérieure intense. Les circonstances de cette page de vie ont été chanceuses, je n’ai pas été privée de force de mon confort. Il m’a juste été donné de découvrir que je n’avais pas forcément besoin d’avoir ce confort à tout prix pour être heureuse, parce que je vivais intérieurement des moments extraordinaires. Et je m’efforce de me souvenir le plus souvent possible de ces moments, pour que soit gardés intacts en moi mon élan et mon enthousiasme, et que ma source intérieure ne tarisse jamais.

Belle journée à tous !

Commentaires (7) :

  1. Hélène Lanthier (12 mars 2021) :

    Merci Valérie de ton témoignage, ayant vécu quelques années au Bonfin dans un inconfort matériel plus grand que celui que tu décris, je comprends de quoi tu parles. Par contre le rappel de sortir de sa zone de confort mental me donne un élan pour aller vers ne nouvelle activité dans laquelle je ne suis pas à l’aise.

    • Valérie Francillon (12 mars 2021) :

      Merci chère Hélène pour ton commentaire. Je suis contente que mes mots aient résonné pour toi. j’aime aussi le challenge que tu as proposé ! à très bientôt. Valerie

  2. FAUDOT (13 mars 2021) :

    Bien chère Valérie,
    Grands mercis pour ton témoignage et sa sincérité.
    Je la comprend ainsi :
    Ton expérience de simplicité matérielle au Bonfin a été « tempérée » en quelque sorte par les conditions spirituelles exceptionnelles du lieu ainsi que climatique une bonne moitié de l’année, et dynamisée par ton objectif, ta vie intérieure et éventuellement (probablement) par les personnes qui t’entouraient à ce moment-là. Cependant, outre les difficultés matérielles, physiques et psychologiques du moment et les épreuves intérieures qui ne peuvent manquer d’arriver sous diverses formes (je suppose que tu n’y as pas échappée :)…) tu n’avais pas laissé derrière toi de l’inconfort et du désagrément, mais au contraire, un lieu de vie agréable et confortable. Il me semble que, paradoxalement, c’était une difficulté supplémentaire, car finalement, tout ce confort était à la portée de ta main ; une difficulté supplémentaire par rapport en tout cas à ton engagement spirituel et ton objectif de diffusion de l’Enseignement ; tu as probablement due avoir la tentation plus d’une fois d’interrompre cette expérience avant son terme ?

    Tu expliques en fin d’article que cette expérience d’inconfort matériel, de sortir de ta zone de confort à bien des niveaux a été délibérément choisie. Tu ne parles pas des privations que ta destinée t’a éventuellement imposée pour paraphraser le Maître dans l’extrait que tu cites. Finalement, je comprends que cette expérience au Bonfin t’a suffisamment nourrie, alimentée, tu en as gardée des réserves pour toute ta vie ?

    Bien à toi,
    Sabine.

  3. Valérie FRANCILLON (14 mars 2021) :

    Chère Sabine, merci de ton intérêt pour ce témoignage. Il me semble que c’est plutôt un idéal qui conduit à accepter des conditions de vie modestes. C’est également cet idéal qui conduit à « profiter », si je puis dire, du lieu et de sa magie. Sans élan ni idéal, je n’aurais sans doute pas perçu cet endroit aussi inspirant 🙂
    Je n’ai pas été tentée d’interrompre cet engagement pour des raisons matérielles, par tentation; cette période s’est terminée parce que les choses prenaient une autre tournure et que d’autres expériences m’attendaient.
    La notion de privation est très personnelle et subjective : ce qui est important, c’est que cette expérience m’a imposé des privations que je ne pensais pas pouvoir supporter aussi longtemps, car la joie quotidienne que j’en retirais était plus forte que la privation. Si une telle situation de privation revenait, choisie ou pas, j’espère que cette expérience me servira, car j’ai eu les clés pour la traverser.

  4. Marianne (16 mars 2021) :

    Merci beaucoup
    Ma vie au Bonfin
    Marianne

    • Henriette Dufeu (17 mars 2021) :

      Chère Marianne, quel bonheur d’avoir de tes nouvelles. En espérant qu’on se reverra un jour dans ces lieux bénis. Tout le meilleur. Henriette

  5. Valérie FRANCILLON (17 mars 2021) :

    Merci beaucoup Marianne pour ce clin d’oeil ! Bonne continuation Valérie

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Haut de page